Louis Thiry - Bach - Art de la Fugue - orgue Callinet Kern
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Jun 30, 2022 Sold Date
Jun 11, 2022 Start Date
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Description

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Jean-Sébastien Bach, Louis Thiry – L'Art De La Fugue Label:Le Kiosque d'Orphée – KO 880601
A1 Contrapunctus I A2 Contrapunctus II A3 Contrapunctus III A4 Contrapunctus IV A5 Contrapunctus V A6 Contrapunctus VI
B1 Contrapunctus VII B2 Contrapunctus VIII B3 Contrapunctus IX B4 Contrapunctus X
Orgue Callinet-Kern de Saint-Taurin d'Evreux


Louis Thiry, né le 15 février 1935 à Fléville-devant-Nancy et mort le 27 juin 2019 à Mont-Saint-Aignan, est un organiste, improvisateur, professeur et compositeur français. Louis Thiry obtient un premier prix d'orgue dans la classe d'orgue de Jeanne Demessieux au conservatoire de Nancy en 1952 et se perfectionne à l'Institut national des jeunes aveugles de Paris auprès d'André Marchal, dont il apprécia particulièrement l'enseignement. Entre 1956 et 1958, il est élève de Rolande Falcinelli et obtient un premier prix d'orgue et d'improvisation du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il commence sa carrière d'organiste aux claviers de l'orgue de l'église de Baccarat en 1958 avant de devenir organiste titulaire de l'orgue de l'Église Saint Martin de Metz de 1961 à 1972. À Metz, il commence à donner des cours d'orgue. Parmi ses élèves messins, on compte l'écrivain et dramaturge Bernard-Marie Koltès ainsi que l'organiste Norbert Pétry (professeur d'orgue du conservatoire à rayonnement régional de Metz). À Rouen, Louis Thiry est organiste titulaire des orgues historiques Lefebvre (xviie siècle) de la chapelle de l'hôpital Charles-Nicolle, et professeur au conservatoire de Rouen (1971 à 2000). Parmi ses anciens élèves du conservatoire de Rouen on peut citer : Alain Mabit, Vincent Bénard, Nicolas Pien, Dominique Cointrel, Jean-Luc Étienne, Vincent Evrard, Vincent Fouré, Vincent Erhart, Claire Labat-Lecaulle, Benjamin Alard, Céline Frisch ou Jérôme Alexandre… L'un d'entre eux, François Ménissier, lui a succédé en 2000 au CNR de Rouen. Il fait partie de l'Académie d'orgue de Saint-Dié. Il est particulièrement reconnu pour ses interprétations des œuvres d'Olivier Messiaen et de Jean-Sébastien Bach dont il a enregistré L'Art de la fugue et Le Clavier bien tempéré. Louis Thiry a donné de nombreux concerts et enregistrements à travers le monde, explorant tous les styles musicaux, des compositeurs du Moyen Âge à ceux d'aujourd'hui. Les amateurs de musique du xxe siècle ont particulièrement apprécié ses interprétations d'Olivier Messiaen, de Jean-Pierre Leguay, de Pierre Vidal ou encore d'Alain Mabit dont il a créé Night songs. Son grand intérêt pour la musique d'aujourd'hui n'a jamais empêché Louis Thiry de se pencher avec une égale passion sur la musique ancienne. Le dernier enregistrement qu'il a réalisé est d'ailleurs consacré à Guillaume de Machaut, Guillaume Dufay et Josquin des Prés. En musique baroque, Louis Thiry a donné de nombreux concerts avec des musiciens tels que les chanteurs Henri Ledroit, Dominique Visse, Dominique Vellard ou le violoniste Patrick Bismuth avec lequel il se produit régulièrement en concert. Il s'éteint le 27 juin 2019 à l'âge de 84 ans.

L’orgue de Saint-Taurin fut construit en 1842 par Louis Callinet, ( le « cousin de Paris » de cette célèbre dynastie de facteurs d’orgues), alors associé à Daublaine, dans le style qu’on qualifie aujourd’hui de «romantique» , à différencier de l’appellation «symphonique» convenant mieux aux Cavaillé-Coll. Il fut restauré et étendu en 1974 par Alfred Kern, qui ajouta un positif dorsal et augmenta le pédalier. Le buffet est néo-gothique . Kern utilisa pour installer le positif le meuble qui contenait la machine Barker (portant le numéro 6) qu’il déposa ( note : à cette époque, les machines Barker étaient peu appréciées par la plupart des facteurs, contrairement à Pascal Quoirin qui les réhabilite aujourd’hui) La console comporte trois claviers manuels et un pédalier: positif et grand-orgue de 54 touches, récit expressif de 37 notes commençant au 2e fa , pédalier de 30 marches. Les tirasses et accouplements sont actionnées par cuillers . La soufflerie comporte le réservoir à plis parallèles de Callinet, auquel Kern a adjoint un réservoir à table flottante. Les transmissions sont entièrement mécanique, les sommiers à gravures et registre. Les jeux de Callinet ont été conservés par Kern ( à l’exception d’un euphone remplacé par un plein-jeu). Il s’agit de facture encore classique (les tuyaux sont coupés au ton), mais Callinet introduit la voix céleste et la flûte harmonique, ce qui constitue une nouveauté en France à cette époque.  L’apport d’Alfred Kern se situe dans la droite ligne du mouvement de l’époque, marqué par le retour à l’orgue baroque : en témoignent l’addition d’un plein-jeu de 5 rangs au grand-orgue et la composition très classique du positif dorsal. Alfred Kern appréciait la facture de Callinet et sut en conserver les qualités, tout en ajoutant sa palette propre . L’ensemble est homogène, et généralement très apprécié des organistes concertistes de renom qui s’y sont succédés. L’orgue de Saint-Taurin d’aujourd’hui convient sans doute mieux au répertoire baroque. Le récit romantique n’est pas très utilisé, (sans doute parce qu’il ne commence qu’au deuxième fa et ne convient donc pas au répertoire d’un César Franck), et c’est un peu dommage, car ses jeux sont vraiment très beaux.
Note sur Louis Callinet et Alfred Kern :
 
L’orgue de Saint-Taurin fut installé en tribune en 1842 par Louis Callinet: l’histoire de la facture donnera aux instruments de cette époque l’appellation d’ «orgues de transition». Ils ne sont plus totalement baroques, mais l’orgue symphonique n’est pas encore né. L’étiquette «de transition» est toutefois péjorative et inexacte: les orgues Callinet-Daublaine sont des instruments typés de style bien défini : on préfère à présent les qualifier de «romantiques»
Les tout débuts du XIXe siècle constituent une période de tâtonnements . L’orgue de Clicquot était parvenu à un point de perfectionnement tel qu’ il ne paraissait plus possible d’aller plus loin dans la recherche des timbres. Mais le succès grandissant du piano et les progrès accomplis conduisent les facteurs à la recherche de l’ «orgue expressif»: le célèbre facteur de piano et de harpes Sébastien Erard introduit en 1627 un jeu à anches libres dont l’intensité sonore était liée à la force d’enfoncement de la touche. Mais ni son système ni aucun des autres imaginé à cette époque ne résistera à l’épreuve du temps : l’orgue expressif ne connaîtra qu’une existence éphémère, et les anches libres trouveront leur débouché dans l’harmonium, puis plus tard dans l’accordéon. L’orgue semblait alors courir à sa perte, tant était grand l’engouement provoqué par le piano.
L’année 1838 ( ou 39, selon les sources) voit la création sous l’impulsion de Félix Danjou de la puissante manufacture Callinet-Daublaine. Félix Danjou, organiste de Saint-Eustache, réhabilite l’orgue en l’associant au chant. Son pouvoir de séduction sera tel qu’il intéresse à son action les meilleurs facteurs de l’époque, dont Louis Callinet.
Les Callinet forment une dynastie qui constitua dans la première moitié du XIXe siècle la plus puissante entreprise de facteurs d’orgue en Alsace et sans doute en France. Elle commence dans la tradition baroque avec le bourguignon François Callinet (1754-1820), élève des Riepp et Rabiny: il eut deux fils, Joseph et Claude-Ignace connus sous le nom de «frères Callinet», qui ont travaillé en Alsace et dans le Sud-Est. Louis Callinet (1786-1848), neveu de François, vint s’installer à Paris. Il s’est formé à l’école du vieux Somer, collabore avec lui (orgue de l’oratoire), puis travaille seul à Saint-Germain des Prés, à la cathédrale de Soissons, à Saint-Sulpice et à Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux . (Cet orgue sera comme celui de Saint-Taurin refait et complété par A. Kern dans un style germanisé.)
La maison Callinet-Daublaine connaîtra une activité particulièrement intensive: 400 instruments seront réalisés sous cette raison sociale. Elle recrute comme contre-maître Charles Barker, dont le levier pneumatique vient d’être utilisé pour la première fois par Cavaillé-Coll à Saint-Denis. Daublaine, directeur de la maison, doit également sa renommée à ses propres talents de facteur et d’harmoniste. Forte personnalité, Félix Danjou parcourait les provinces, prodiguant ses conseils, chassant les serpents pour les remplacer par des orgues d’accompagnement. C’est l’époque de Saint-Denis du Saint-Sacrement présenté à l’exposition de l’Industrie de 1839 des restaurations de Limoges, Uzès, Saint-Michel de Gaillac.
Devenu dépressif en 1843, Louis Callinet détruisit lui-même dans son atelier le matériel conçu pour Saint-Sulpice dont la restauration était presque terminée. Obligé de chercher du travail en qualité de simple ouvrier, il fut recueilli jusqu’à sa mort en 1846 par Cavaillé. En 1844, la maison Daublaine fut mise en difficulté par l’incendie de l’orgue monumental de Saint-Eustache l’année même de son installation. Rachetée par Ducroquet, elle devint en 1855 la société Merklin-Schültze,
L’orgue de Callinet-Daublaine reste très proche de l’esthétique baroque: les tuyaux sont toujours coupés au ton. Nouveauté, la machine Barker est utilisée pour renforcer la puissance, permettant desr accouplements d’octaves et de claviers. Les boites expressives se généralisent, d’abord commandées par une cuillère à crans qui précèdera la pédale. La place des plein-jeux se réduit au détriment de celle des anches, des jeux gambés et des flûtes harmoniques. L’euphone y a souvent sa place, mais on a renoncé, bien sûr à le rendre expressif. ( c’est le seul jeu que supprimera Kern à Saint-Taurin). Mais ces facteurs ne cherchent pas encore à imiter les instruments de l’orchestre, comme le fera Aristide Cavaillé-Coll… Félix Danjou s’opposera nettement à lui, déclarant : «Quant à l’imitation des instruments d’orchestre que M. Cavaillé s’efforce d’obtenir, c’est une erreur qui serait bien funeste à l’art si elle se propageait». Pourtant, Aristide Cavaillé-Coll y parviendra, exploitant en excellent acousticien toutes les possibilités des machines Barker et paufinant la pratique de l’entaille du tuyau pour modifier les attaques... Le critère le plus net qui permet de distinguer l’orgue symphonique de l’orgue romantique est sans doute cette généralisation de la pratique de l’entaille.
La qualité des instruments romantiques relève donc moins de l’innovation que du retour aux techniques baroques après l’aventure sans lendemain de l’orgue expressif. Cette facture , dominée par la tradition artisanale du travail bien fait, ( qui s’est hélas bien souvent perdue par la suite) représente la dernière résistance à l’industrialisation de l’ instrument ! Les harmonisations sont très maîtrisées et les rares instruments qui nous restent sonnent merveilleusement.

Malheureusement, de cette production monumentale, presque tout a disparu: l’engouement pour les instruments symphoniques de la seconde moitié du XIXe entraînera une première vague destructrice, suivie d’une seconde à l’époque néo-classique du début du XXe siècle.
Il faut attendre une période assez récente pour voir réhabiliter l’oeuvre des facteurs de transition et classer des Callinet-Daublaine: les instruments de Joigny et Mørez ont été restaurés en 1980 dans le sens d’une grande authenticité par le facteur Jean-François Muno, qui eut le courage de s’opposer à un projet déjà accepté par les Affaires Culturelles faisant de l’orgue de Morez un instrument «à tout jouer».. On peut simplement regretter qu’on ait remplacé comme à Saint-Taurin par des plein-jeu les jeux à anche libre ( euphone et cor anglais à Joigny, clarinette à Morez): malgré leurs défauts, ils présentaient un intérêt historique certain.
Si le Callinet de Saint-Taurin avait duré dix ans de plus, la restauration aurait probablement consisté à rétablir l’instrument ancien sans modification, car aujourd’hui l’accent est mis plus fermement sur le respect du patrimoine. Faut-il pour autant regretter le travail de Kern en 1974 ? Nous ne le pensons pas car rien n’interdit à un facteur lors d’une restauration d’ajouter sa palette personnelle, à la double condition que l’instrument d’origine soit respecté et que les ajouts s’allient harmonieusement à l’ancien… Si l’instrument actuel se trouve quelque peu « germanisé » et reconnu comme convenant bien à l’interprétation de J.S. Bach, il permet toujours de jouerr également le répertoire de l’époque pour lequel il fut conçu
L’ Etat s’ intéresse de près aux petits instruments des facteurs Luce et Damiens de notre département qui, sans doute en raison de leur modestie, ont échappé aux modernisations. Souhaitons que les restaurations qui ne manqueront pas d’être réalisées dans les années à venir soient aussi scrupuleuses du respect historique que celles de Joigny et Morez ; ou si des extensions sont envisagées, qu’elles parviennent aussi bien qu’à Saint-Taurin au mariage heureux de la facture ancienne et de la moderne.
Notons pour la petite histoire que c’est précisément en 1842, année de l’installation de l’orgue de Saint-Taurin, que le Ministère entreprend une première action nationale pour remettre en état les orgues des cathédrales. Les experts d’alors ont des idées saines et se soucient de conserver aux instruments leur caractère.., mais l’engouement pour les nouveautés sera irrésistible.
(Article publié par l’ "Orgue Eurois" N°3, janvier 89)
Alfred KERN ( 1910-1989) est avec son beau-frère Ernest Mulheisen et Kurt Schwenkedel l'un des promoteurs du mouvement de retour à l'orgue baroque. Il créa sa manufacture strasbourgeoise en 1953, encouragé dans sa démarche notamment par Albert Schweitzer. Il réintroduisit les transmissions mécaniques, les tuyaux coupés au ton, le positif dorsal et les jeux de mutation. Son fils Daniel prit sa succession en 1977.
Principales réalisations: l'orgue de Saint-Séverin à Paris ( en collaboration avec Michel Chapuis), les orgues de la cathédrale et de Saint-Thomas de Strasbourg (1979), l'orgue de Masevaux. Plus près de chez nous, peu après Saint-Taurin, l'orgue de Vernon, puis récemment l'orgue de Saint-Maclou à Rouen. La manufacture A. Kern et fils a construit 31 orgues en France, 6 en Allemagne, 9 au Japon, etc.....Elle jouit d'une renommée mondiale.


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